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20 ans de recherche sur les orques de Crozet

Conférence de Christophe GUINET , Chargé de recherche CNRS au Centre d’Etudes Biologiques - Chizé (CEBC).

Mardi 15 septembre à 20h30, à l’auditorium Marion Dufresne, Océanopolis - Brest - entrée libre

« 20 ans de recherche sur les orques de Crozet : de l’écologie à la gestion des interactions avec la pêcherie à la légine »

La pêcherie à la légine opérée dans les eaux subantarctiques de Crozet et Kerguelen est la deuxième pêcherie française en valeur après celle du thon rouge et devrait rapidement devenir la première, compte tenu de l'état des stocks de thons rouges en Méditerranée. La pêcherie à la légine, dont le suivi scientifique est confié par l'Administration des TAAF au Professeur Guy Duhamel du MNHN, est l'une des mieux gérées en France.

La légine est pêchée au moyen de palangres de fond déposées entre 800 et 1200 m de profondeur. Dans les eaux de l'archipel Crozet, dès le début de cette pêcherie, les interactions entre les orques et les cachalots et les opérations de pêche ont été observées. La première conséquence de ces interactions a été l'observation d'une diminution spectaculaire du nombre d'orques à la fin des années 1990, conséquence probable de leur destruction active par les palangriers opérant illégalement dans les eaux de Crozet. Grâce aux efforts de contrôle de la zone de pêche exclusive par la Marine Nationale, la pêche illégale a été éliminée en 2002. Le travail de photo-identification conduit avec l'aide des contrôleurs des pêches opérant sur les palangriers, nous a permis d'identifier la présence de 90 orques dans l'archipel Crozet, mais parmi eux 35 individus répartis en 4 groupes sociaux sont impliqués dans 80 % des événements de déprédation. Une soixantaine de cachalots interagissent aussi avec cette pêcherie et nos travaux ont établi que la déprédation exercée par les cétacés provoquait une perte estimée à environ 35 % du total des poissons pêchés à Crozet. Cette perte se chiffre en million d'euros et pose d'importants problèmes économiques mais aussi écologiques avec l'apparition d'une très forte dépendance de quelques groupes d'orques vis-à-vis de cette pêcherie. Dans le cadre d'un projet conduit en partenariat avec les armements de pêche, le MNHN, l'IFREMER, le CEBC-CNRS avec le soutien de l'IPEV et l'administration des TAAF, une nouvelle méthode de pêche expérimentale au casier, Programme ORCASAV, sera testée au mois de Février 2010 afin de supprimer la déprédation exercée par les orques et les cachalots et d'assurer la gestion durable de cette ressource. Cette étude fait l'objet d'un travail de thèse réalisé par Paul Tixier.

Informations

Publication
Le 15/09/2009
Catégorie
Rendez-Vous
Site web
Océanopolis
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