La faune et la flore des îles subantarctiques

Email This Page
Les îles australes françaises abritent la diversité spécifique d’invertébrés et de plantes la plus importante des îles subantarctiques. Les vertébrés sauvages y constituent une des biomasses les plus riches de la planète. Plantes et animaux présentent des adaptations originales développées au cours de plusieurs millions d’années d’évolution dans un isolement total, au sein de l’océan, à des milliers de kilomètres de tout continent.

Le nombre des espèces autochtones terrestres est pourtant réduit. Ainsi, seules 22 plantes à fleurs poussent à Kerguelen et 16 à Crozet (contre 3.000 espèces en France métropolitaine). De même, chez les Insectes, on dénombre 11 espèces de Diptères à Crozet et seulement 6 à Kerguelen, contre plus de 6.500 dans l’Hexagone ! Chez les Vertébrés terrestres, on ne rencontre aucun mammifère et seulement 2 espèces d’oiseaux : le canard d’Eaton et le bec-en-fourreau (ou chionis). En revanche ces îles sont régulièrement fréquentées par de nombreuses espèces d’oiseaux marins et par 3 mammifères marins : l’éléphant de mer et 2 espèces d’otaries à fourrure.

Les communautés terrestres sont relativement pauvres, mais l’endémisme est élevé : à Crozet, 90% des invertébrés sont propres à la région subantarctique de l’océan Indien et 55% ne sont présents que sur cet archipel. L’endémisme des espèces végétales est moins marqué, la majorité des espèces poussant dans la plupart des îles subantarctiques. Le lyallia (Lyallia kerguelensis), par exemple, est la seule plante supérieure réellement spécifique de Kerguelen.

Sub-Kerguelen-Science-AnnaelleATAMANIUK-2009-IPEV-151Peu aidée par la nature du sol et le climat, la flore des îles australes est assez pauvre et peu diversifiée. Kerguelen et Crozet sont recouvertes, à faible altitude d’un tapis végétal composé d’acæna, d’azorelle et de quelques graminées. En certains endroits, des bois silicifiés témoignent de la présence, dans le passé, de forêts aujourd’hui disparues. À Amsterdam, un périmètre réduit accueille un bois de phylicas (unique arbre des TAAF), seul vestige des forêts qui couvraient l’île avant les incendies d’origine humaine du siècle dernier et l’introduction des espèces allochtones . À Kerguelen, le chou de Kerguelen a beaucoup souffert de l’introduction du lapin.

Sub-Kerguelen-Faune-PierreAlainVIVET-2011-IPEV (310)Ceux qui ont pu s’adapter aux particularités de ces régions sont typiquement marins. Les plus nombreux sont les manchots. Quatre espèces sont prédominantes dans les îles australes : le royal, le papou, le gorfou sauteur et le gorfou doré (ou macaroni). Elles abritent également au moins 10 espèces d’ albatros. Les autres oiseaux marins se répartissent entre pétrels (25 espèces), cormorans, skuas, goélands, sternes, damiers du Cap… Les chionis et les canards d’Eaton sont les seuls oiseaux non marins des TAAF.
L’archipel de Crozet est connu pour être la plus grande réserve naturelle d’oiseaux au monde. On le surnomme d’ailleurs « l’archipel aux 25 millions d’oiseaux » : 36 espèces d’oiseaux s’y reproduisent, dont 6 espèces d’albatros et on y trouve 60 tonnes d’oiseaux par km² !
L’île d’Amsterdam abrite quant à elle la plus grande population d’albatros à bec jaune au monde ainsi que la seule population d’albatros d’Amsterdam, espèce endémique de l’île dont l’unique site de reproduction actuel est le Plateau des Tourbières, à 600 m d’altitude.

Les plus courants à Crozet et Kerguelen sont les éléphants de mer.
L’île d’Amsterdam accueille quant à elle des colonies impressionnantes d’ otaries.
Les latitudes subantarctiques sont très fréquentées par les Cétacés, qui y trouvent une nourriture abondante. Aux abords des côtes, on peut apercevoir des rorquals, des dauphins de Commerson ainsi que des orques (ou épaulards).

Sub-Crozet-Faune-RomualdBELLEC-IPEV