Concordia

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La gestion fonctionnelle de la base Concordia et la conduite des programmes de recherche sont assurées par l’IPEV et le PNRA.

La station Concordia est ravitaillée par les raids terrestres depuis la base côtière annexe de Cap Prudhomme, voisine de la station Dumont d’Urville en Terre Adélie. La station peut accueillir 16 personnes en hivernage et grâce à des structures annexes, une soixantaine de personnes en été.

Le MENESR a labellisé la station Concordia « Très Grande infrastructure de Recherche » (TGIR). En été austral (novembre à mi-février), environ 50 chercheurs dont 25 français bénéficient de cette infrastructure pour leurs travaux ; en hiver (mi-février à octobre) : de 4 à 7 chercheurs ou techniciens en charge des expérimentations scientifiques. Ces effectifs ne reflètent pas le nombre de chercheurs, ingénieurs et techniciens travaillant en France métropolitaine sur les programmes mis en œuvre sur le site de Concordia.

La station CONCORDIA est située sur le plateau continental Antarctique (75°06’S – 123°21’E) à une distance de 1100km de la base française de Dumont d’Urville et de 1200km de la base italienne Terra Nova Bay.

C’est la seule base permanente européenne située à l’intérieur des 14 millions de kilomètres carrés du continent antarctique. Parmi les 40 stations scientifiques permanentes établies en Antarctiques, 37 sont implantées sur la frange côtière du continent. Les deux autres stations continentales permanentes, Amundsen-Scott (USA) et Vostok (Russie) n’offrent pas les mêmes situations géographiques, environnementales et logistiques. Le site du Dôme C a en effet été choisi en fonction de critères scientifiques uniques :

  • épaisseur de la calotte glaciaire permettant d’accéder aux archives du climat de la planète et de reconstruire les cycles interglaciaires sur plus de 800 000 ans.
  • altitude élevée et atmosphère particulièrement stable, pure et sèche, idéale pour des observations en astronomie et pour des études sur la composition chimique des basses et hautes couches de l’atmosphère.
  • positionnement de la station sous la trace de la plupart des satellites défilant à orbite polaire, contrairement à la base américaine Amundsen-Scott (Pôle Sud). Cela représente un atout essentiel pour les études de télédétection de la surface et de l’atmosphère,
  • positionnement sous le vortex polaire permettant d’étudier au plus près les fluctuations de la couche d’ozone au dessus de l’Antarctique
  • situation éloignée des perturbations côtières, favorable aux observatoires en magnétisme et sismologie, complétant ainsi le réseau mondial de données très lâche dans l’hémisphère sud.
  • Actuellement aucun autre site en Antarctique ne présente de tels atouts. La vocation de Concordia est donc d’offrir à la communauté scientifique internationale un accès au haut plateau antarctique, l’une des régions les plus isolées et inhospitalière de la planète, et permettre ainsi la réalisation de programmes de recherche permanent et d’observation uniques dans de nombreux domaines. Par ailleurs, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) participe au soutien de programmes scientifiques dans le domaine de la médecine et du comportement humain en milieu confiné. Elle collabore également avec l’IPEV, sur le plan technologique, pour la mise au point de prototype de traitement des eaux usées de la station.

Glaciologie et paléoclimatologie : Les 3200m de glace accumulée ont fait l’objet du programme de forage glaciaire européen EPICA (10 pays impliqués) qui, en permettant la reconstruction du climat des 800 000 dernières années, joue un rôle majeur dans les travaux actuels du GIEC sur les changements climatiques à l’échelle planétaire. Les lacs sous-glaciaires, nombreux dans le secteur, offrent également une voie de recherche intéressante .Ces lacs sous-glaciaires de petite taille pourraient participer à la mise au point de nouvelles technologies qui permettront d’aller plus avant dans l’étude de ces milieux extrêmes. Enfin, des études sont menées pour localiser, à proximité de la station, un site favorable à un forage glaciaire permettant de reconstituer le climat sur plus d’un million et demi d’années.

Chimie et Physique de l’atmosphère : De même, l’isolement extrême du site et sa position sous le vortex polaire lui confère un intérêt unique pour les études sur l’atmosphère, l’évolution de la couche d’ozone et la circulation générale des polluants et aérosols.

Astronomie : Les études de la qualité du site menées à Concordia montrent que la situation du Dôme C est particulièrement favorable pour les observations astronomiques en raison de sa position géographique originale (proche du pôle et élevée en altitude) et de son atmosphère extrêmement sèche, froide, raréfiée et très stable. Il semble que ce soit même le site terrestre le plus approprié pour la mise en œuvre de certains types de télescopes, bien meilleurs que des sites existant (Chili par exemple) et surtout beaucoup moins coûteux que des télescopes spatiaux.

Observatoire de la Terre : Compte-tenu de la quasi absence de stations à l’intérieur du continent antarctique, la station Concordia offre un nœud singulier au maillage des observatoires de la planète, particulièrement lâche dans cette région du monde, que ce soit dans le domaine de la météorologie (pris en charge par les italiens), la sismologie, le magnétisme terrestre, la chimie de l’atmosphère etc…

Ingénierie et médecine : Site très isolé aux conditions climatiques sévères, le Dôme C constitue un endroit de choix pour évaluer les techniques et les procédures de futurs travaux sur d’autres planètes et tester l’adaptation de petits groupes d’individus évoluant dans des conditions proches de celles rencontrées dans les engins spatiaux ou les stations orbitales.

Technologies : Les contraintes environnementales nécessitent le développement de technologies et de procédés novateurs pour les équipements de la station elle-même et des convois terrestres, afin d’améliorer leur efficacité et leur performance.

EN CHIFFRE...

75°06'S – 123°23'E
3200 m d’altitude
1er hivernage en 2005
13 à 15 hivernants et de 50 à 70 personnes en été