Soutien à la science

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Les programmes de recherche soutenus par l’Institut concernent les sciences de la Vie, les sciences de l’Univers et les sciences de l’Homme et de la société. Les thèmes abordés sont l’astronomie, l’astrophysique, la géophysique, la géologie, les sciences de l’atmosphère, les glaces, le climat, l’océanographie, la vie et l’environnement et les Hommes et les sociétés.

L’Institut polaire français Paul-Émile Victor soutient et met en œuvre des programmes de recherche dans les régions polaires, après évaluation par son Conseil des programmes scientifiques et technologiques (CPST).
Les dossiers sont sélectionnés selon leur intérêt scientifique et leur faisabilité sur le terrain. Les programmes ont généralement un caractère pluriannuel (4 ans maximum et renouvelables annuellement). Un appel à projets est diffusé auprès de la communauté scientifique avant l’été de l’année qui précède les campagnes de terrain.

L’Ipev ne soutient que les projets scientifiques émanant d’organismes de recherche publics français, le porteur de projet doit être titulaire de l’un de ces organismes. Les projets soumis par des étudiants en thèse, post-doc, chercheurs ou enseignants émérites ne sont pas recevables.

Entre 2002 et 2012, le nombre de programmes mis en œuvre et soutenus par l’IPEV est passé de 42 à 77 (+ 88%). La Figure ci-dessous illustre cette évolution qui résulte de la volonté de l’IPEV d’ouvrir l’accès des stations polaires françaises à un plus grand nombre de projets tout en veillant à un rééquilibrage des sites exploités.

Evolution du nombre de projets soutenus par l’IPEV (en rouge) et du nombre de campagnes réalisées en Arctique, Subantarctique et Antarctique de 2002 à 2012

GrapheProgrammesScientifiquesIPEV2002-2012Ainsi, en 2012 et lors de la campagne d’été 2012-2013, 56 programmes ont été mis en œuvre en Antarctique et Subantarctique et 21 en Arctique, 18 dans le domaine des sciences de la Vie et de l’Environnement, 46 dans le domaine des sciences de la Terre et de l’Univers, 8 en sciences Humaines et Sociales, et 5 en biologie-psychologie humaine. Les thèmes principaux concernent :

  • La glaciologie
  • La chimie et la dynamique de l’atmosphère, notamment la chimie de l’ozone
  • La physique du globe, la géodynamique et la géologie
  • L’astronomie
  • La répartition de la faune, de la flore et l’évolution de la biodiversité
  • Les stratégies de survie et l’adaptation des espèces aux conditions extrêmes
  • La réponse des organismes vivants aux changements climatiques et aux activités humaines
  • La biologie humaine et l’adaptation aux conditions d’hivernage

Parmi ces grands thèmes, certaines avancées majeures n’auraient pas pu être obtenues ces dernières années sans le soutien et le savoir-faire de l’IPEV. On peut ainsi citer à titre d’exemples :

  • Le programme européen de forage glaciaire profond EPICA à Dôme C, qui a permis la reconstitution climatique des 800 000 dernières années, et dont les résultats jouent un rôle de première importance dans les travaux du GIEC ;
  • Le programme européen EPOCA, consacré à l’acidification de l’océan arctique qui a bénéficié des infrastructures de la station AWIPEV au Spitsberg ;
  • Les programmes VANISH et EXPLORE, co-financés par l’ANR, ayant permis de réaliser pour la première fois un raid terrestre entre Concordia et Vostok pour mener des études glaciologiques et rechercher un site de forage potentiel permettant d’obtenir des glaces vieilles de plus de 1 million d’années ;
  • Les programmes sur les oiseaux et mammifères marins mis en œuvre dans les îles subantarctiques françaises et en Terre Adélie qui ont permis le développement de systèmes miniaturisés de géolocalisation des animaux et d’enregistreurs de paramètres de leur environnement, plaçant la communauté scientifique française au rang de leader de ces micro-technologies et permettant de mieux connaitre l’activité d’animaux qui, jusqu’à une période récente, « disparaissaient » en mer pendant une grande partie de l’année ;
  • De la même manière, les recherches sur les espèces invasives dans les îles subantarctiques (mammifères, plantes, invertébrés) ont donné lieu à des publications de haut niveau qui placent les chercheurs français à l’avant garde de ces questions, largement débattues dans le contexte du traité sur l’Antarctique et, plus généralement, dans celui de l’évolution de la biodiversité sous l’effet des changements climatiques et des activités humaines ;

Par ailleurs, l’une des particularités des régions polaires Sud réside dans le caractère extrêmement dispersé des stations de recherche, tant dans l’océan austral que sur le continent antarctique : la présence d’uniquement 3 stations à l’intérieur des 14 millions de km² que couvre ce continent, c’est-à-dire environ 2 fois la superficie de l’Australie ou 27 fois celle de la France, en est une illustration parfaite. La mise en place et le maintien sur ces sites d’observatoires pérennes participant à des réseaux mondiaux y sont donc fondamentaux pour améliorer la connaissance du fonctionnement de la planète à l’échelle globale (paramètres du climat, suivi des glaces ou de la biodiversité, géomagnétisme, niveaux marins…), pour participer à la surveillance de certains phénomènes catastrophiques (tremblements de terre, tsunamis…) et pour contribuer aux modèles d’évolution de l’environnement, en particulier de l’évolution climatique. La France a donc mis en place sur chacune de ses stations des observatoires de météorologie (avec la présence de Météo-France), de sismologie, de glaciologie, de chimie de l’atmosphère, du suivi des populations animales et végétales etc… : 19 programmes observatoires au total sont ainsi soutenus et mis en œuvre par l’IPEV en 2012, représentant à peu près 50% du budget science ; seuls 4 programmes observatoires labellisés étaient soutenus en 2002. Cette évolution spectaculaire démontre à elle seule la haute priorité accordée par l’institut à ces recherches sur le long terme qui permettent à la communauté scientifique polaire française de faire figure d’exception à l’échelle mondiale.

Les programmes océanographiques à bord du Marion Dufresne sont examinés dans le cadre des procédures nationales de demandes de moyens à la mer.

Ces programmes concernent principalement la géodynamique de la croûte océanique, l’étude des climats du passé à partir de l’analyse des sédiments marins, la physique et la biogéochimie des océans, les interactions océan-atmosphère.

Une dizaine de campagnes océanographiques ont lieu chaque année à bord du Marion Dufresne .

La place de leader mondial qu’occupe le Marion-Dufresne et son carottier sédimentaire Calypso, issu du savoir-faire des équipes de l’IPEV, a permis la réalisation de nombreuses campagnes océanographiques qui ont contribué, aux côtés des études glaciologiques, à améliorer la connaissance des paléoclimats.