Dumont d’Urville

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La base Dumont d’Urville est située sur l’île des Pétrels, dans l’archipel de Pointe Géologie, à 5 km du continent. La gestion fonctionnelle de la base Dumont d’Urville et la conduite des programmes de recherche sont assurées par l’IPEV. A Concordia, ces responsabilités sont partagées avec le PNRA. Les Taaf conservent à Dumont d’Urville, la souveraineté et la responsabilité des missions de service public (radio, médecine…).

La superficie totale des bâtiments représente environ 5.000 m². Pendant l’hivernage (mars à novembre), la base héberge entre 20 et 30 personnes réparties entre les services généraux et les services scientifiques assurant l’acquisition de données pour les laboratoires français impliqués dans les programmes polaires.

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Il s’agit d’un véritable observatoire scientifique comprenant une cinquantaine d’installations, avec ses lieux de vie : logements, réfectoire, cuisine, bibliothèque, hôpital ; ses laboratoires de biologie, géophysique, météo… ses locaux techniques : centrale électrique, ateliers, garages. Ces installations sont adaptées aux conditions locales : températures variant de 0°C à -35°C, blizzard, longues nuits polaires, vents pouvant dépasser les 300 km/h.

La production électrique (90 à 100 kWh de consommation moyenne) est actuellement assurée par des 3 groupes électrogènes Diesel.

L’eau sanitaire est produite par un distillateur à eau de mer utilisant la chaleur issue des circuits de refroidissement de la centrale électrique. Les volumes moyens produits sont de 5.500 L/jour en été. Il est prévu qu’une partie du chauffage collectif soit également alimenté par co-generation.

Le traitement des déchets est une préoccupation importante. Elle correspond à une volonté internationale de réduire l’impact de la présence humaine sur le continent Antarctique. L’effort porte sur la réduction des volumes à traiter, la mise au point de procédures de tri et de méthodes de stockage, Le rapatriement des déchets est compliquéAnt-PrudHomme-Logistique-BrunoEtMarieCUSA-2014-IPEV-14-300x200

La base annexe de Cap Prud’homme, située sur le continent à 5km de l’île des Pétrels, est dédiée à l’organisation des convois terrestres (raids) qui ravitaillent la base franco-italienne Concordia située à 1100 km à l’intérieur du continent.

base 56 de souzaEn 1950, 110 ans après le débarquement de Dumont d’Urville en Terre Adélie, les Expéditions polaires française (EPF) installent une première base sur la côte antarctique: Port-Martin où hivernent 11 personnes qui procèdent aux premières observations de météorologie et de magnétisme et effectuent de nombreux raids d’exploration. En 1952 la station est totalement détruite par un incendie. La 3ème expédition qui vient de débarquer s’installe alors dans l’archipel de Pointe Géologie sur l’île des Pétrels. Ce petit observatoire temporaire, dont les bâtiments surnommés “Base Marret” existent toujours, sera fermé en janvier 1953.

L’île des Pétrels, située au pied du glacier de l’Astrolabe, est à nouveau retenue en 1956 pour la participation à l’Année Géophysique Internationale (1957-58). Les constructions érigées à cette occasion, et dont une partie est toujours en service, sont conçues pour 20 personnes et une occupation provisoire de 3 ans. Cette base reçoit le nom de base Dumont d’Urville (DDU). Une base avancée, la base Charcot, est installée en même temps à 300 km de la côte et à 2.400 m d’altitude non loin du pôle magnétique sud, 3 scientifiques vont y hiverner pendant 2 ans.

base charcotLes premiers bâtiments de DDU sont en acier avec un isolant thermique en sandwich de contreplaqué ignifugé et de Klégécell. La base principale est entourée de 11 petits abris en bois pour différentes utilisations scientifiques et d’un garage pour l’entretien des véhicules chenillés type Weasel et Snowcats. Pendant les campagnes d’été, les EPF bénéficient de l’aide d’un hélicoptère de l’armée de terre.

base 56 (web)

La base Dumont d’Urville étant idéalement positionnée pour étudier les phénomènes magnétiques et solaires de la haute atmosphère, les résultats obtenus dans ce domaine durant l’AGI sont remarquables. À partir de DDU des raids sont organisés sur l’inlandsis permettant l’acquisition de nombreuses données en glaciologie et en météorologie et la réalisation de profils sismiques et gravimétriques qui permettront d’estimer l’épaisseur de la glace.

En 1959, le gouvernement français décide le maintien de la base à titre permanent et la poursuite des travaux de recherche. Cette décision rend nécessaire la reconstruction de la station et son extension au cours des campagnes d’été suivantes. Depuis, la base est occupée sans discontinuer.

Observatoires géophysiques

L’Institut de Physique du Globe de Strasbourg est responsable de l’observatoire magnétique et de l’observatoire sismologique permanent installé à Dumont d’Urville. Ouvert en 1957 à l’occasion de l’Année Géophysique Internationale, l’observatoire magnétique fait partie du réseau INTERMAGNET, réseau global d’observatoires magnétiques numériques fournissant des données en temps quasi-réel, via les satellites de télécommunication. Le programme d’observation comporte la mesure absolue des éléments du champ magnétique terrestre, l’enregistrement continu des variations temporelles, le calcul des indices d’activité et la détermination de la variation séculaire. Les mesures de champ magnétique servent à la description de la figure du champ et à la mise à jour des modèles de potentiel géomagnétiques. La cartographie du champ principal et son évolution au cours du temps (variation séculaire) constituent les principales sources d’information sur la dynamique du noyau et son interaction avec le manteau.

La station sismologique de Dumont d’Urville fait partie du réseau international de surveillance sismique baptisé GEOSCOPE développé par l’INSU depuis 1982. Ce réseau participe à la localisation des séismes sur le globe entier, à la détermination du mode de rupture des failles qui les causent et aussi à une véritable radiographie tridimensionnelle de l’intérieur du globe. Le réseau GEOSCOPE est intégré dans le système de surveillance international des risques liés aux tsunamis dans l’océan Indien.

Observatoire de la Stratosphère et Interactions avec le Climat

L’Observatoire de la Stratosphère et Interactions avec le Climat à Dumont d’Urville constitue la station primaire antarctique du réseau international NDACC (Network for Detection of Atmospheric Composition Changes), en couplage avec la station américaine de Mc Murdo. Il est placé sous la responsabilité de l’Institut Pierre-Simon Laplace (IPSL) des Sciences de l’Environnement Global, dans le cadre du Service d’Observation NDACC-France (service d’observation de l’INSU). Il s’agit d’un observatoire permanent, implanté dès 1988, à la suite de la découverte de la diminution de l’ozone stratosphérique en Antarctique, afin d’étudier les processus en jeu.

Ces objectifs ont été rapidement étendus, dans le cadre d’un programme de surveillance à long terme, à l’étude de la variabilité de la stratosphère, la détection des changements d’origine anthropique et les interactions entre chimie stratosphérique et climat.

Actuellement, l’observatoire est constitué des instruments suivants :

  • Une station lidar (installée en 1989) comprenant,
    • un lidar Rayleigh/Raman profileur pour la mesure des particules (aérosols et Nuages Stratosphériques Polaires) et de la température stratosphériques ;
    • un lidar DIAL profileur pour la mesure de l’ozone.
  • Des sondages ozone ballon profileurs, complétant le lidar en période estivale.
  • Un spectromètre UV-Visible SAOZ pour la mesure des colonnes totales d’ozone et de dioxyde d’azote.
  • Un détecteur UV-B large bande

En complémentarité de l’instrumentation implantée à Dumont d’Urville, l’observatoire se déploie également sur Kerguelen (SAOZ et sondes ozone) et Concordia (SAOZ, UV-B et sondes ozone).

Liens :

Marégraphe du réseau ROSAME

Développé par le LEGOS, il est constitué d’une station marégraphique automatique qui déclenche, toutes les demi-heures et qui transmet en temps réel via le système Argos des mesures de pression atmosphérique, de température de l’air, de pression de fond et de température de l’eau.
Le réseau ROSAME

Le ROV : robot sous-marin

Un ROV Remote Operated Vehicle, (véhicule commandé à distance) ou robot sous-marin est utilisé pour certains programmes scientifiques, notamment en océanographie ou biologie marine. Il permet d’étudier les fonds sous-marins côtiers de Terre Adélie difficilement accessibles pour les plongeurs, jusqu’à une profondeur de 210 m. à l’heure actuelle.

Le ROV fait l’objet d’une convention tripartite entre le Conseil Général du Finistère (propriétaire du ROV), Océanopolis qui fournit le système vidéo haute-définition et le traitement de la vidéo et l’ IPEV dont le département télécommunication, instrumentation et informatique assure l’entretien, les évolutions mécaniques et électroniques ainsi que le pilotage.

Le ROV est équipé d’un pointeur laser, d’une caméra haute-définition et son système d’éclairage, d’un bras manipulateur qui permet éventuellement de récolter des échantillons…

Equipements météorologiques

A COMPLETER

La base, coupée du monde en hiver par des centaines kilomètres de pack, n’est accessible que durant l’été austral. Chaque année, le navire l’Astrolabe, au départ du port d’Hobart en Tasmanie, effectue 4 rotations assurant la relève des équipes et le ravitaillement. 5 à 6 jours sont nécessaires pour parcourir les 2.700 km de distance entre l’Australie et la Terre Adélie.

Ant-DumontDUrville-Logistique-EduardoDAFORNO-2014-IPEV-15 (2)La première rotation (R0) démarrait début novembre et ne permettait pas d’atteindre la base, le ravitaillement et l’acheminement du personnel se faisait alors par hélicoptère à partir de l’Astrolabe arrêté par la banquise à plusieurs dizaine de kilomètres de la côte. Depuis quelques années, avec le maintien d’un pack très compacte, la rotation R0 a été supprimée et remplacée par du fret aérien.

Dès leur arrivée, les techniciens de l’IPEV s’attèlent à la préparation du premier convoi terrestre, le raid, pour Concordia prévu vers mi-novembre. Au cours des rotations suivantes (R1, R2, R3, R4), l’Astrolabe peut généralement accoster à Dumont d’Urville et le matériel lourd est débarqué par des moyens classiques.

Pendant l’été austral, environ 80 personnes peuvent séjourner à Dumont d’Urville et il Ant-DumontDUrville-Equipe-EduardoDAFORNO-2014-IPEV (15)règne alors sur la base une très grande activité : déchargement de l’Astrolabe, préparation des convois terrestres, travaux techniques divers au niveau des infrastructures et des réseaux de fluides, programmes scientifiques…

Pendant l’hivernage, de mars à novembre, la station héberge une trentaine de personnes, réparties entre les services généraux et les services scientifiques assurant l’acquisition de données pour les laboratoires français impliqués dans les programmes polaires.

EN CHIFFRE...

66°40’S – 140°01’E
20 m d’altitude
1er hivernage en 1952
25 à 35 hivernants et jusqu’à 100 personnes en été