Actualités > Scientifiques > Publications > De nouveaux traceurs dans les carottes de glace dévoilent l'histoire des feux de végétation depuis 650 ans
Une équipe franco-américaine de chercheurs du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement de Grenoble - LGGE (CNRS / Université Joseph Fourier) et de l'Université américaine de Stony Brook vient de lever le voile sur l'évolution séculaire à grande échelle des feux de végétation dans l'hémisphère sud, grâce à une approche originale : la reconstruction de l'évolution du monoxyde de carbone et de ses isotopes stables dans deux carottes de glace forées en Antarctique. Leurs travaux publiés ce jour dans Science Express révèlent en effet qu'au cours des 650 dernières années, les émissions de ce gaz trace par les feux de végétation dans l'hémisphère sud ont connu de fortes variations, en lien avec l'évolution climatique. Par ailleurs, ces travaux remettent en question les inventaires disponibles de cette source depuis l'époque préindustrielle.
CP INSU/CNRS/LGGE
Qu'ils soient d'origine naturelle ou humaine, les feux de végétation constituent un élément essentiel du fonctionnement des enveloppes superficielles de la Terre. Ils affectent la composition de l'atmosphère par l'émission de nombreux gaz chimiquement réactifs comme les oxydes d'azote, le monoxyde de carbone et les composés organiques volatils, mais aussi par l'émission de suies à l'état particulaire. Ils contribuent également à l'évolution du bilan radiatif terrestre par l'émission de gaz carbonique, de méthane et indirectement d'ozone dans la troposphère. Enfin ils participent ou affectent le fonctionnement de certains écosystèmes naturels.
Cette recherche a bénéficié en France du soutien conjoint de l'INSU et de la Fondation Européenne pour la Science (programme Euroclimate), de la commission européenne (programme FP6), de l'Agence nationale de la recherche et de l'Institut polaire français Paul-Emile Victor.
Z. Wang, J. Chappellaz, K. Park, J.E. Mak, Large variations in Southern Hemisphere biomass burning during the last 650 years, Science, 2 décembre 2010
Contact : Jérôme Chappellaz, LGGE/OSUG