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TERREADELIRE N°5

La gazette de la TA61

Caillou n°5

12 mai 2011

Pour nous contacter, gazette@ddu.ipev.fr

L’ANECDOTE DE LA SEMAINE

A DDU, nous avons différents types de cailloux, des ronds, des carrés, des qui font mal, des tout doux. Ils sont marrons, noirs, blancs...mais rarement d'une autre couleur. Ils se fondent dans le paysage de DDU. Ou peut-être fondent t'ils à DDU ?
Jusqu'à maintenant, les cailloux de roche n'ont jamais fondu dans nos températures extrêmes. Les cailloux vivant manchots, eux, fondent en poids mais ne disparaissent jamais, même si ils partent en vacances. Les cailloux de glace fondent mais nous en avons tellement que peu nous importe. Les cailloux d'oeufs de pétrels ne fondent pas, ça pour sur... par contre ils sont fragiles. Donc les cailloux normalement présents à DDU ne fondent pas.

SAUF ....

Le lundi de Pâques. Une nouvelle espèce de caillou, le caillou de chocolat, arrive sur l'île des Pétrels tous les lundis de Pâques. Un brin fragile. Un brin coquet...ils aiment les rubans colorés. Et....ils fondent si jamais nous les rentrons dans un four. Le seul et l'unique caillou qui fond très rapidement. Au risque de ne pas pouvoir les utiliser, il faut, tous les ans le jour de Pâques, chercher les cailloux de chocolat. Dans tous les bâtiments et dehors, il faut courir après. Chanceux que nous sommes ils ont des rubans qui permettent de les repérer dans les paysages uniformes DDUnien. Alors c'est la course, il faut tous les découvrir rapidement avant qu'ils ne fondent. Si jamais l'un d'entre eux est oublié peut-être que les cloches de Pâques ne reviendront pas poser de nouveaux cailloux de chocolat.
Claquements de pas sur les passerelles. Claquement de portes de placard. Tout est retourné...tout est question de chocolat !!
Malheureusement, un caillou aura été perdu dans la bataille…
Croisons les doigts pour que la TA62 ait des cailloux de chocolat.

JOYEUSES PÂQUES !!!

Camille

LA RUBRIQUE DES MANCHOTS ÉCRASÉS

… ou l’autre arnaque verdâtre…

Vous avez peut être suivi dans la précédente gazézette la duperie verte des aurores Australes. Il y a pire.
Les anciens nous parlaient du Rayon Vert comme quelque chose de proche du miracle. Nous, on s’imaginait un truc fabuleux du genre de ce que notre opticien local envoie dans le ciel chaque nuit de beau temps :

Le Rayon Vert du LIDAR (Laser pour mesurer les profils d’ozone) dans la nuit de DDU

Sur un lever de soleil, on imaginait donc un truc comme ça :

Le fabuleux Rayon Vert…

(Oui, parce que ce Rayon Vert, on nous dit que c’est au lever ou au coucher de Soleil que ça se voit ; et que comme par chez nous, c’est plutôt plat l’horizon, et qu’en plus l’Astre glandouille pas mal sur cet horizon avant de se décider à apparaître ou disparaître vraiment, ce serait bien propice pour y voir, la chose…)

Néanmoins…

Après avoir attendu des nuits entières qu’il se lève, des journées complètes qu’il se couche… nous n’avions toujours rien vu. L’idée vint alors de faire du troc avec nos quelques collègues qui hivernent à deux semaines de tracteur de chez nous, là-haut sur le Continent, à la station Concordia. Eux qui nous narguent en prétendant, vers le mois de mars, passer des heures fascinés à regarder le Rayon Vert… (Il faut dire, les pauvres bougres, ils n’ont pas grand-chose d’autre à faire là-haut, ils n’ont pas de banquise…) ; en revanche, ces gens-là, de par leur situation géographique, ne voient guère d’Aurore… :

je te file une image d’Aurore (notre arnaque verte à nous !) et tu me files une image de ton truc vert à toi !
marché conclu…
J’envoie ma chose et je reçois la sienne…

Quelques pauvres taches vertes, voire bleutées, au-dessus d’une bande noire qui figure la Ligne du Continent : l’arnaque…
Conclusion : nous aussi on le voit ce truc quand notre Soleil se lève, ça consiste juste en une bébé tache que l’on a à peine le temps de voir une fraction de seconde avant que notre rétine soit toute cramée…

Le véritable Rayon Vert…

A tout’
Le ptiot

L’ACTU DE LA BANQUISE ET AUTRES GLACONS

Actualité officielle de la banquise :

Depuis le 19 Avril, nous pouvons lire ceci sur le tableau d’affichage officiel de notre mission, avec un joli point d’exclamation au sens incertain :

Fin de l’Ouverture de la Banquise. Photo du 5 Mai au matin…

Par sympathie pour les autres, la TA61 se trouve donc actuellement à l’intérieur des bâtiments, à travailler, s’alcooliser, regarder des films, jouer à des jeux vidéo : l’Antarctique… (On en avait rêvé)
Fin de cette chronique moisie.

Actualité officieuse de la banquise :

Banquise "fermée", rubrique officieuse en conséquence à nouveau ouverte !

L’envoi de notre dernière gazézette sonnait le glas de notre banquise et de notre euphorie. Dès le soir du Dimanche 17 Avril, après une mémorable partie de ballon prisonnier sur banquise, le vent reprenait les choses en main pour s’affoler follement deux jours durant. La glace sur la Mer tint bon le premier jour mais ses forces faiblirent progressivement et elle commença à lâcher durant la journée du 19. Le Mercredi 20 au soir, la Mer blanche était partie, la Mer grise aux nuances bleutées était revenue (c’est beau aussi…). Notre île avait à nouveau les pieds dans l’eau et rapidement, il ne resta de Glace que la zone, au sud de notre Caillou, qui avait gelé dès le début du mois de Mars. Avec désormais quelques milliers de Manchots Empereurs dessus.
Mais elle était dorénavant interdite, avec un point d’exclamation.
De nombreux hivernants se mirent alors à pleurer, et le club des dépressifs fut sur le point de devenir l’un des plus importants groupuscules du Caillou.

Hivernants en train de pleurer

A partir du 20 Avril, une dérogation à l’interdiction fut cependant accordée pour les sorties à but professionnel, lorsque les conditions météos étaient raisonnables (la Raison…). Il convenait dès lors de s’inventer des raisons professionnelles d’aller sur la Mer qui flotte… Pour certaines, c’était assez facile, puisque c’est leur raison d’être ici. Il devint par exemple très important d’aller compter plusieurs fois par jour le nombre de Manchots Empereurs sur la colonie. Nous avons ainsi sans doute la meilleure résolution temporelle de suivi du nombre de manchots à l’échelle de la semaine, ça doit donner quelque chose du genre :

Suivi de la population de Manchots Empereurs

Parfois même il était important d’aller compter un phoque derrière un glaçon… Pire encore : pour d’autres, il fallait impérativement aller compter, non plus des manchots, mais des taches sur des manchots ! (Nous avons de l’imagination…). C’est au cours de l’un de ces comptages de taches que nous fîmes la connaissance de Groseille (voir Portraits d’Hivernants). Tout cela était bien facile pour les manchologues, mais pour ceux recrutés ici comme coiffeur, conducteur de train ou bibliothécaire, il fut un peu plus difficile de s’inventer des manips bidon… Pour ma part, je demandais à de nombreuses reprises (trop, sans doute…) l’autorisation de me rendre à 5 km de notre Caillou pour mesurer des bouts de bois plantés dans la glace (il y en a bien qui cherchent des taches sur les manchots, alors…), mais cette requête ne fut pas retenue par la Directrice de notre Centre Aéré.

Pour essayer de nous garder un peu sur l’île et nous sortir de la dépression, Maman se mit à organiser des jeux en société dans lesquels nous devons tous nous entre-tuer. Mais cela ne suffit cependant pas à remplacer la Banquise, d’autant plus que ce n’est pas toujours très rigolo de tuer des gens. Surtout que pendant ce temps, la Banquise repoussait rapidement sur la Mer voisine, recommençant à nous refaire de jolis clins-d’œil… A nouveau, c’est assis sur le bord de l’île, les pieds ballants au-dessus d’une Mer parfaitement gelée et à n’en pas douter solide comme la glace que nous nous reprîmes à rêver : un jour prochain, ce ne sera plus avec les logiciels de traitement de l’image que nos pas nous conduiront sur la Mer qui flotte, ce ne sera plus pour pleurer, mais pour rire à nouveau légalement…

Actualité officielle de la banquise:

// Flash de dernière Minute //

Jeudi 5 Mai.

Journée de beau temps. Mer blanche à perte de vue. Quelques sondages d’épaisseur de glace à l’Ouest de l’île, 20 cm de moyenne. Banquise ré-ouverte sur un disque d’un kilomètre de liberté. Dimanche, on devrait pouvoir aller mesurer les bouts de bois plantés dans la glace…

// Fin du Flash //

Actualité des Glaçons :

Avec le retour de la Mer liquide, les Glaçons qui flottent se sont remis en mouvement. Difficile de suivre leur valse au quotidien. Mais par exemple, nous apercevions avant la tempête une grotte bleue béante et immense sculptée dans un gros Glaçon Tabulaire à 5,4 km de la base ; deux jours après le coup de vent, elle nous faisait un petit coucou à 2 ou 3 km de notre caillou, puis disparaissait de notre vue. Avec la Banquise nouvelle, elle est désormais figée au bout du Glacier. Peut être pourrons-nous bientôt aller voir quelle sorte de Dinosaure elle abrite, à moins qu’un nouveau coup de vent la laisse à nouveau prendre le large, se cacher, pour nous laisser le plaisir de la découvrir un jour au hasard de vadrouilles futures…
Pour mon histoire promise dans la dernière Gazézette, La Lune n’étant à nouveau plus là, il faudra donc encore patienter. Et puis de toute façon, nous avons besoin que la Banquise soit autorisée pour pouvoir aller sur le Glaçon interdit…

A tout’
Le Ptiot

DES NOUVELLES DES MANCHOTS

Fini la belle vie pour les empereurs (enfin, ça dépend pour qui !)

Quelle belle vie ? me direz-vous. Vivre sur la glace, en plein hiver, cela ne fait pas trop envie. Pour un manchot empereur, le mois d’avril est plutôt pas mal. Après avoir passé l’été en mer, ils ont le ventre bien plein. Ils retrouvent la colonie et passent leur temps à draguer pour trouver le bon parmi les 6500 autres. Ils peuvent se balader, faire le tour des îles voisines pour se dégourdir les pattes ou se balader entre les différents groupes de la colonie. Après les chutes de neige, ils peuvent glisser sur le ventre, ça va tellement plus vite, et s’allonger dans la neige, en déguster à volonté. Les quelques glaçons de la zone sont parfaits pour voir les autres de haut ou faire du toboggan. Quand le vent se lève, ni une ni deux, on fonce vers la tortue. Dès qu’il fait trop chaud, il suffit de disperser les rangs, d’agiter les ailerons, de s’étirer les pattes et le cou en s’éloignant des autres. Plaisir suprême du mois d’avril : se gratter derrière les oreilles avec la patte !

Petits plaisirs du mois d’avril : se gratter, manger de la neige et s’allonger avec son partenaire…

Au mois de mai, tout change : les œufs arrivent. Après la ponte, les femelles refourguent bien vite la chose encombrante aux mâles. Pour ces derniers, le calvaire commence. Deux mois avec un œuf sur les pattes. Deux mois sans pouvoir se gratter. Mettez-vous à leur place : ça vous démange derrière les oreilles. Il vous suffirait juste de pencher un peu la tête et de lever la patte pour vous gratter vigoureusement. Mais non. Vous ne pouvez pas lever la patte… Enfin si, vous pouvez mais si vous le faites, vous perdrez votre œuf, ça serait dommage. Deux mois à attendre avant de pouvoir le faire. On a bien vu des couples chantant face à face au moment de se passer l’œuf. Leur dialogue pourrait se résumer à ça : « écoute chéri, je te passe l’œuf, surtout prends-en bien soin pendant ces 2 mois. Je reviendrai avec plein de poisson pour nourrir notre petit poussin » dit la femelle avec l’œuf sur les pattes. Le mâle répond «s’il te plait, laisse moi encore 5 minutes de répit, le temps de me gratter une dernière fois…. » Là, le moment intime s’interrompt et le mâle se gratte. L’œuf patiente sur les pattes de la maman qui commence à être jalouse des copines qui sont déjà en train de se remplir le ventre en mer.

Monsieur se gratte et madame patiente avec l’œuf sur ses pattes

Le calvaire ne s’arrête pas là. Plus possible de s’allonger, ni de manger de la neige, ni de marcher à grande enjambées ou de glisser sur le ventre. Quand le vent se lève, les couveurs rejoignent la tortue à vitesse d’escargot. Mais surtout, dans 2 mois, la faim viendra les tirailler alors qu’ils attendront le retour de leurs dames…

Un couveur soulevant sa poche incubatrice.

Framboise

LE QUART DE NUIT CENTRALE

Le quart de nuit centrale est une surveillance des groupes qui fournissent l’électricité à la base. Toutes les nuits, une personne est présente et a la formelle interdiction de dormir. Toutes les deux heures, elle doit faire un relevé des différents paramètres. Le reste du temps.....

Guillaume, le 20 Avril

Y’en a qui disent que pendant le quart de nuit, ils envoient des mails… Moi j’ai essayé de faire ça aussi, mais comme j’arrivais pas à me concentrer à cause de « la peur de l’alarme » (bien connue chez la personne de nuit Centrale, ahem). Ben j’ai pas écrit de mails, désolé.
Y’en a qui disent que pendant le quart de nuit, ils regardent des films… Moi j’ai pas pu, y avait toujours quelqu’un qui venait m’interrompre au milieu, et comme j’aime pas ça couper les films, ben j’ai arrêté d’en regarder et j’ai regardé des séries de 20 minutes.
Y’en qui disent que pendant le quart de nuit, ils trient leurs photos. Moi j’avais pas de photos à trier, c’était déjà fait… Ben je suis quelqu’un d’organisé moi.
Y’en a qui disent que pendant le quart de nuit, ils copient la ligne du dessus pour les relevés… Moi j’ai pas trouvé la ligne du dessus. Ben j’ai été obligé de faire correctement les relevés.
Y’en a qui disent que pendant le quart de nuit, ils font leur lessive. Moi j’avais oublié mes affaires sales dans ma chambre. Ben j’ai fait ma lessive le lendemain, à l’heure de pointe.
Y’en qui disent que pendant le quart de nuit, ils boivent beaucoup de café. Moi j’ai bu beaucoup de Schweppes. Ben j’avais oublié comment faire marcher la machine à café.
Y’en a qui disent que pendant le quart de nuit, ils jouent à la console. Moi j’ai pas eu envie. Ben faut croire que j’ai passé l’âge, peut être.
Y’en a qui disent que pendant le quart de nuit, il y a des alarmes. Moi, j’ai pas eu d’alarmes et j’ai réveillé personne. Ben j’aurais préféré, ça m’aurait fait de la compagnie, surtout entre 3 et 4 heures.

Par contre, tous ceux là, ils disent pas qu’on passe du temps à regarder le mur à écouter de la musique, à penser à ce qu’on pourra faire un peu plus tard dans l’année quand il fera nuit presque tout le temps, à la chance qu’on a d’être ici ou bien à réfléchir au sens de la vie. Ils disent pas qu’on lance une balle sur le même mur quand on en a marre de le regarder et qu’on le trouve moche (d’abord main droite, puis gauche pour compliquer la tâche), ou qu’on fait des Rubik’s Cube. Ils disent pas non plus que toutes les cinq minutes, il y a un « tac tac tac tac » qui énerve tout le monde ou que le Ninja Playmobile sur le bureau permet de passer le dernier quart d’heure avant d’être relevé par la personne de jour Centrale.
C’est fou tout ce qu’il se passe ou ce qu’il ne se passe pas pendant une nuit Centrale.

LE PORTRAIT D’UN HIVERNANT

Jean-Marc, Chef Technique de la TA 61

- Qu’as-tu fait avant de venir ici ? Un résumé rapide de ta vie.

Le point de départ, à ma venue ici, a été mon service militaire. Je ne voulais pas le faire et ai préféré un service civil. Je l’ai effectué aux îles Kerguelen. Par la suite, j’ai attrapé le virus, je suis partie deux missions plus tard en Terre Adélie pour un hivernage. Je suis rentré dans la boucle, j’ai effectué plusieurs campagnes d’été pour finalement vouloir effectuer un deuxième hivernage en Terre Adélie, cette année.

- Comment imaginais-tu l’Antarctique et comment le vois-tu maintenant ?

L’Antarctique est un continent à préserver, une zone très particulière, spéciale et un milieu extrêmement fragile.

- Quels sont les changements que tu as pu remarquer entre ton premier hivernage et celui-ci ?

Très peu de choses en termes d’organisation de la base ont changé, mis à part les programmes scientifiques. À mon époque, il y avait plus de géophysique et moins de biologie.
Au niveau de la vie sur base, elle est identique même s’il y a eu une évolution. Les gens n’ont plus les mêmes envies à notre époque. Je trouve que les gens perçoivent moins les risques.
Une autre différence....Avant je faisais partie des jeunes, maintenant... je suis parmi les plus âgés.

- Que fais-tu pendant une semaine de travail ?

Mon travail est toujours différent. Je dois encadrer une équipe technique, voir les problèmes sur le moment, répondre aux petits soucis à droite et à gauche,...

- Ton moment préféré de la journée/semaine ?

Le matin, un peu avant le lever du Soleil. En ce moment, on peut voir les étoiles, Mercure, Vénus. Il y a peu de monde de réveillé, la base est calme.

- Ton défaut ?

Pas facile comme question...

- La personne la plus déjantée de la base ?

Je prends les gens tel qu’ils sont. Mickaël sort de l’ordinaire, Yannick aussi mais dans un autre genre, Bruno et Basile mais encore différemment, etc…

- Quels petits plaisirs as-tu apporté dans tes malles ?

Très peu de choses. De quoi faire des photos, des livres et aussi de quoi apprendre l’anglais.

- Ton mot de la fin ?

До свиданя (Au revoir)

(Je me suis mis au Russe, en trouvant une méthode de langue sur le réseau informatique de la base).

Les avis de Sylvain (Chef Centrale), Valentin (Mécanicien de précision) et Yannick (Cuisinier) sur Jean-Marc

- Une description rapide ?

C’est une personne posée, réfléchie, réservée mais aussi rigoureuse sur les règles de vie sur la base.

- A quel aliment te fait-il penser ?

Un verre d’eau du fait qu’il ne boit que de l’eau, mais aussi un litchi ou un poivron d’Espagne (il a, parait-il, la particularité de piquer comme du piment une fois sur dix) pour donner un petit côté piquant au portrait.

- Son défaut selon toi ?

Il est trop matinal, trop speed au petit déjeuner quand certains sont encore dans les brumes du sommeil. Hormis le petit déjeuner, il s’assoit toujours à la même place à table, midi et soir...mais est-ce vraiment un défaut ?
Aussi, ne vous faites pas couper les cheveux par Jean-Marc, ....il se les coupe mal !

- Un bon moment passé avec lui ?

À table le soir, assis à la table, après le repas, j’aime discuter avec lui le temps de digérer.

Mickaël, Technicien météo de la TA 61

Aussi surnommé Mickito

- Qu’as-tu fait avant de venir ici ? Un résumé rapide de ta vie.

Je me suis beaucoup amusé avec ma sœur quand j’étais petit. J’ai joué avec les grenouilles, grimpé dans les arbres, fait de la bicyclette pour me promener dans les champs. Et puis j’ai regardé Titi et Gros Minet à la télé aussi.
Je me suis passionné pour les fleurs sauvages et j'ai herborisé pas mal durant une quinzaine d'années.
Je réfléchis depuis tout petit au sens de la vie et de l'univers.
Je suis allé à l’école longtemps, c’était très intéressant : j’ai étudié la physique-chimie.
Et j’ai participé à faire et élever trois enfants que j'adore.

- Pourquoi venir ici ?

Je suis venu par intérêt pour le lieu, le rapport à la nature. Le milieu polaire me fascine depuis tout petit.
Et il y a aussi le côté humain de l’hivernage qui m’attirait.

- Comment imaginais-tu l’Antarctique et comment le vois-tu maintenant ?

Comme un milieu désertique où on peut être soustrait à la civilisation. C’est sûrement le cas pour tous les milieux où la nature est à l’état brut.
L’île des Pétrels est néanmoins bien aménagée.
A défaut d’aller sur la Lune ou d'explorer l'univers, ici c’est déjà un bon début.

- Que fais-tu pendant une semaine de travail ?

C’est très variable, mais de manière générale je m’occupe de la maintenance du système de mesures météorologiques de DDU : des capteurs aux machines de traitement des mesures. Cela peut être faire de la petite mécanique ou de l’électronique, je prépare aussi le sondage atmosphérique de l'ozone.
Je me forme au travail de mes deux collègues météos : la prévision et l’observation météorologiques.

- Ton moment préféré de la journée/semaine ?

Il y en a plein !
J’aime regarder le lever du Soleil, ou bien observer les aurores et les étoiles avec le Lidar la nuit.
J’adore recevoir un mail de mes enfants.
J’aime bien monter au mât vent pour réparer quelque chose… même s’il fait froid.
J’aime avoir l’impression de solitude totale sur la banquise.
Et j’adore danser !
J'aime beaucoup les discussions en tête à tête, apprendre à connaître la vraie nature (souvent cachée) des gens et comprendre la façon dont chacun perçoit le monde, différemment.

- Ton défaut ?

Un défaut pour une certaine personne dans une certaine situation peut être une qualité dans d’autres circonstances…
Sinon, je dirais que je suis difficile à appréhender pour certains, qui du coup me trouvent déjanté ! Je suis certainement trop curieux et je me disperse en activités, pensées, lectures, etc. et en bien d'autres choses qui n'ont pas lieu d'être exprimées dans cette gazette.

- La personne la plus déjantée de la base ?

Ca dépend de ce qu’on met derrière ce mot. Il faudrait reposer la question à la fin de l’hivernage car plusieurs personnes commencent à prendre du galon dans le domaine.

- Quels petits plaisirs as-tu apporté dans tes malles ?

Le miel de mon ami Ronan l’apiculteur. Un pur bonheur.
Des feuilles, des toiles, de la peinture et des pinceaux.
Et j’ai amené ma famille, en pensée, avec moi et bien sûr Léoplum...

- Ton blog ?

http://mickitoterreadelie.wordpress.com

- Ton mot de la fin ?

Je n’ai qu’un souhait, c’est que le monde aille mieux, et qu’il y ait la paix sur Terre.

Les avis de Coralie (Biologiste/Vétérinaire), Arnaud (Chef Météo) et Guillaume (Lidar) sur Mickaël

- Une description rapide ?

C’est un personnage original qui peut être très drôle quand il part dans un de ses délires.
C’est un artiste, autant dans sa façon de vivre et d’être que dans son art.
Il est comme une pile électrique.
Il est déjanté et souriant… enfin presque toujours.
C’est le maître du yoga à DDU.

- A quel aliment te fait-il penser ?

C’est une bouteille de champagne : quand on l’ouvre on ne sait pas quand ça va te péter à la figure.
C’est une boisson gazeuse : quand tu l’ouvres, ça fait « pshitt » et tu ne sais pas ce qui va se passer.

- Son défaut selon toi ?

Il a les cheveux trop longs.
Il est trop souple, je suis jalouse.
Sa petite queue de cheveux.

- Un bon moment passé avec lui ?

Une nuit à la Centrale, il nous a parlé de sa famille gorille dont il rêvait quand il était petit.
A chaque fois qu’il délire de manière incompréhensible.
En revenant de D10 de jusqu’à Prud’homme sur le continent, on était les maîtres du monde !!

Groseille, Chargée de communication

Exclusif !! Téléchargez ici l’interview de Groseille !!

Mettre le fichier groseille.mp3 en lien

- Qu’as-tu fait avant de venir ici ? Un résumé rapide de ta vie.

Rien.
Sortie de l’œuf, mangé, grandi, marché, nagé, péché, chanté, fait des poussins.

- Pourquoi venir ici ?

Pour faire un bébé.

- Comment imaginais-tu l’Antarctique et comment le vois-tu maintenant ?

Je l’imaginais comme il est, et je le vois comme toi avec mes deux yeux. Normalement, je me contente de rester autour, je suis plutôt quelqu’un de la mer… Mais l’an passé, en fin de saison, on est allé faire une virée sur le continent, en montant par le Glacier… (Je crois que t’en as parlé dans le premier numéro de votre gazézette) ; c’était sympa aussi.

- Que fais-tu pendant une semaine de travail ?

Je bosse.
Mon rôle de chargée de communication et des relations publiques avec l’extérieur me conduit à de nombreux déplacements ; je dois aller au-devant de chaque humain qui s’approche de notre Colonie, tenter d’établir un contact, poser pour les photos… Beaucoup de diplomatie, de tact, mais c’est important pour que nos communautés puissent s’entendre pendant l’hiver. J’ai bien sûr des relations privilégiées avec vos propres chargées des relations publiques avec nous, vos manchologues comme vous dites, mais j’essaie de contenter chacun de vos hivernants.

- Et actuellement, tu es en repos ?

Congé mat’, plus exactement… Ben oui, j’essaie d’arriver à concilier mon activité professionnelle et ma vie de famille. Depuis que j’ai rencontré mon manchot, on a beaucoup œuvré et j’ai maintenant un petit œuf dans le bidon qui ne devrait plus trop tarder à sortir… J’ai des copines qui ont déjà refilé le leur à leur mâle et qui, à l’heure qu’il est, doivent déjà être en train de se gaver de poissons et autres calamars… Après deux mois ici, je commence à avoir bien la dalle, et faut que je m’économise… J’ai passé la main sur les relations publiques et la Com’ à mon assistante, La Cloche, mais je ne peux m’empêcher quand même de régulièrement venir vous faire un ptit piou-piou…

- Ton moment préféré de la journée/semaine ?

La Nuit… c’est calme, vos hivernants ne viennent pas, ils n’ont pas le droit… on se retrouve entre nous, les célibataires chantent encore un peu, les autres se font des câlins ou glandouillent côte à côte…

- Ton défaut ?

Une tache, plutôt.

- La personne la plus déjantée de la base ?

Le Manchot Adélie…

- Quels petits plaisirs as-tu apporté dans tes malles ?

Pardon ?
Je comprends pas ta question, là…

- Ton mot de la fin ?

Faut que tu rentres, la nuit va tomber, tu vas te faire engueuler… Tu repasses demain ?

Les avis de Framboise (Manchologiste), Bruno (Aspirateur) et du Chiours (Stagiaire) sur Groseille

- Une description rapide ?

Ben… Un manchot Empereur… Blanc devant, noir derrière… un peu d’orange-jaune dans le creux du cou, deux traînées violacées sur le bec.
Ah si, quand même… Un triple tracé horizontal sous le menton associé à un point noir sur le côté droit du ventre.
Et un regard doux à faire craquer plus d’un Manchot…

- A quel aliment te fait-elle penser ?

Un radis, une fraise.
Un poulet.
Une grosse quiche !
Dis donc, le Chiours… c’est pas très gentil, ça !
Oui, c’est vrai… C’est juste qu’au début, on pensait qu’elle était un peu Neu-neu à toujours venir vers nous… Mais on ne savait pas encore à l’époque en quoi consistait son job.

- Son défaut selon toi ?

Trop gentille, sans doute, pour notre monde…
Bec un peu trop pointu, ça pique quand elle fait des bisous

- Un bon moment passé avec elle ?

Il y en a beaucoup… Le premier jour où on l’a rencontrée, elle tournait autour de nous en chantant, nous suivait quand on se déplaçait… On l’a enregistrée, puis on a décidé d’en faire notre première manchote tachée ; on ne savait pas si on la reverrait parmi les milliers d’autres… Et le lendemain, il faisait assez moche, on a juste fait une petite visite de routine à la Colonie, sans prétention… Au moment où on allait partir, quelle émotion de la voir sortir d’un petit groupe et de s’avancer vers nous… On s’est baissé, on a attendu, et elle est revenue chanter à un mètre de nous… Depuis, on s’est habitué à ses visites quotidiennes, et quand on ne l’a plus vue, on était triste même si on se doutait que c’était parce qu’elle avait rencontré son manchot.
Maintenant, elle nous l’a présenté et c’est désormais tous les deux qu’ils viennent nous saluer quasi-quotidiennement… J’ai hâte qu’ils nous présentent leur œuf !
Et il y a la fois, aussi, où en arrivant à la Colonie, on a vu un manchot seul sur un glaçon au milieu des autres, se tournant et battant des ailes… C’était Groseille, en train d’expliquer aux siens comment se comporter avec les hivernants humains, nous approcher mais pas trop, jamais en groupe, les règles de priorité sur la banquise (colonne de manchots prioritaire sur groupuscule humain, autorisation d’emprunter nos traces de pas pour favoriser leur progression dans la neige fraîche, autorisation d’assister en tant que spectateurs aux parties de ballon prisonnier, mais pas de jouer ; en effet les règles ne sont pas les même pour les deux communautés, et avec les règles humaines, les plumés seraient biologiquement assez désavantagés…)

LES DESSINS DU DOC

En Terre Adélie, le vent n’est pas une légende

Le manchot adélie au moment de sa mue n’est pas avare en coiffures diverses et variées…

LE DESSIN DE SOORIE

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Publication
Le 12/05/2011
Catégorie
Des nouvelles du terrain
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