Campagnes polaires en temps de crise

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L’organisation de l’Institut polaire est directement impactée par la situation sanitaire internationale dans le cadre de la mise en place de la prochaine campagne en Antarctique et dans les îles subantarctiques françaises. Ses équipes travaillent quotidiennement à préparer cette campagne très particulière, se déroulant d’octobre 2020 à mars 2021 pour l’Antarctique et qui a déjà démarré pour les îles Subantarctiques.

La principale difficulté réside dans les changements du contexte international autour de la gestion pandémique, se produisant parfois à l’échelle horaire. Personne n’a de visibilité sur les semaines à venir. Tous les plans alternatifs de déploiement doivent être envisagés. Le plan à ce jour prévoit que l’ensemble du personnel à destination des stations de recherche Dumont d’Urville et Concordia en Antarctique partira au mois d’octobre grâce à un vol charter affrété par l’Institut polaire français et le Programme national de recherche polaire italien, le PNRA. Ce personnel constitué de 80 expéditionnaires français et une trentaine d’Italiens permettra d’assurer le changement des équipes actuellement en hivernage, l’approvisionnement des stations et la réalisation des travaux infrastructurels nécessaires durant l’été, mais aussi de déployer les activités scientifiques indispensables comme l’acquisition de données de séries temporelles longues (> 10 ans).

Cette opération commune d’affrètement d’un avion charter, première du genre, permet entre autres un partage des coûts entre les deux nations. Elle illustre également la collaboration fructueuse et efficace avec les équipes italiennes en Antarctique.

Dans le contexte spécifique de l’Antarctique, les vols d’avions à l’intérieur du continent ont drastiquement diminué. Heureusement dans cette période incertaine, l’Institut polaire peut compter pendant toute sa saison logistique sur l’appui essentiel du navire-ravitailleur L’Astrolabe opéré conjointement avec les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) ainsi que sur la réactivité et l’adaptabilité de la Marine nationale qui arme le navire.

Cette gestion de crise très particulière et inédite souligne, s’il en était besoin, les excellentes collaborations que l’Institut polaire français entretient avec ses partenaires en Antarctique. Celle-ci est particulièrement illustrée avec l’Australie, qui malgré sa politique stricte en matière de sécurité sanitaire, répond aux sollicitations de l’Institut polaire pour déployer la science en Antarctique, compte-tenu que la logistique française passe par la ville de Hobart en Tasmanie.

Dans les îles subantarctiques, la deuxième rotation logistique de l’année civile pour le navire Marion Dufresne , qui ravitaille ces territoires français de l’océan indien et transporte les logisticiens et scientifiques, a quitté l’île de Kerguelen le 9 septembre au matin, avec à son bord le personnel de l’Institut qui a dû subir avant son départ une quarantaine à l’île de la Réunion en respectant scrupuleusement le protocole sanitaire COVID établi par les TAAF.
Pour les expéditionnaires partant sur la troisième rotation logistique du navire, ils débuteront une quarantaine à l’île de la Réunion mi-octobre en suivant ce même protocole, pour un départ vers les îles subantarctiques attendu début novembre.

La mission première de toutes les équipes de l’Institut polaire français consiste en ces temps très particuliers à assurer la protection sanitaire de tous les personnels partants et revenants des terrains polaires et subpolaires. Le continent antarctique comme les îles subantarctiques françaises appartiennent aux derniers territoires de la planète au sein desquels le coronavirus n’a pas été introduit. L’Institut relève le défi colossal qu’il en soit encore ainsi au terme de ses missions logistiques et scientifiques des campagnes 2020/2021.