• Acronyme :
    ECOPHY - ANTAVIA
  • Référence :
    137
  • Domaine de recherche :
    Vie
  • Région :
    Antarctique, Subantarctique, Dumont D'Urville, Crozet, Kerguelen
  • Site :
    Site de l’IPHC:
  • Responsable du projet :
    Le Bohec Céline

Stratégie alimentaire et mécanismes d'adaptation comportementale et physiologique des manchots face à  la variabilité climatique: limites et impact sur la dynamique des populations

Dans le cadre des changements globaux attendus, il est urgent
d’appréhender le devenir des écosystèmes et de la biodiversité qu’ils hébergent.
L’étude des conséquences des fluctuations environnementales sur les traits
phénotypiques des organismes, ainsi que celle des stratégies adaptatives et de
la dynamique des populations qui en découle, sont fondamentales. Grâce notamment à un
suivi électronique des manchots (royal, Adélie et empereur), le programme 137 a
pour principal objectif la compréhension des processus écologiques et évolutifs
qui façonnent les populations, et notamment les capacités d’adaptation des
organismes face aux contraintes de leur environnement. Nous nous intéressons
donc à la plasticité phénotypique et aux mécanismes microévolutifs, deux
processus par lesquels les traits phénotypiques au sein d’une population sont
capables de s’ajuster aux changements du milieu. Notre exceptionnelle base de
données sans le biais du baguage nous permet par exemple d’étudier les liens
entre la variabilité environnementale (naturel et anthropique) et la survie, la
phénologie, et les performances reproductrices et de recherche alimentaire des
différentes cohortes de manchots, selon leur âge, leur statut, leur expérience
ou d’autres traits phénotypiques (morphologiques, physiologiques et
comportementaux ; traits dont la plasticité et l’héritabilité seront étudiées).
La structuration spatiale des colonies en fonction des différentes contraintes
(structure sociale, parasitisme, prédation, conditions météorologiques locales,
etc., mais aussi contraintes phylogénétiques) est étudiés grâce à l’utilisation
de véhicules radiocommandés (rovers) et de caméras automatiques. Cette
structuration, ainsi que la diversité et les flux génétiques entre les colonies
et archipels, sont également étudié via l’utilisation de techniques
moléculaires innovantes. La dynamique spatio-temporelle des populations est donc
traitée à différentes échelles, de la colonie aux écosystèmes. A l’interface
entre l’écologie évolutive, la génétique et la dynamique des populations, le
programme 137 favorise le développement de modèles mathématiques globaux. Ces
derniers permettent de comprendre les liens existants entre les modifications
survenant dans l’environnement et les trajectoires spatio-temporelles de ces
populations. Les modèles prédictifs obtenus nous informent sur l’évolution de
la composante biologique de l’océan Austral et nous permettront à terme de
mettre en place des stratégies de conservation et de gestion durables de la
biodiversité et des ressources naturelles.