Hyperabondance d'oies nichant dans l'Arctique et déclin des oiseaux de rivage nichant dans l'Arctique canadien, un test empirique.

Les écosystèmes arctiques, du fait de leur isolement et de la faible densité du peuplement humain, paraissent devoir être à l’abri des effets directs induits par population humaine sans cesses croissante. Cependant, et ironiquement, ces écosystèmes sont aujourd’hui ceux où l’on observe les changements les plus rapides et les plus radicaux en lien avec les activités humaines. Ceci est en particulier le cas du fait de leur sensibilité aux changements climatiques causés par les activités humaines. Ces modifications ont à juste titre attiré l’attention des scientifiques, mais cela s’est fait au détriment de recherches sur les autres formes de perturbations anthropiques affectant l’Arctique. Un des exemples les plus extrêmes est l’explosion des populations d’oies des neiges nichant dans l’Arctique. Leurs populations sont passées de moins de 100 000 individus à plus de 10 millions en tout juste quelques décennies à la suite de changements de pratiques agricoles et à la capacité de ces espèces de changer leurs habitats d’hivernage pour exploiter ces milieux cultivés. Le focus de ce projet est de revisiter 22 ans plus tard le même site d’étude dans l’Arctique canadien pour y répéter un ensemble d’observations quantitatives et semi-quantitative permettant d’évaluer l’ampleur et le rôle respectif joué par la forte augmentation de l’abroutissement par les oies et le climat dans les cascades d’effets affectant ces milieux et leurs avifaunes.